mardi, 21 juillet 2009

Peau de Vache sacrée.

PEAU DE VACHE SACRÉE


- Pour mieux se mettre dans l'ambiance du récit, le mantra  OM -

 

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1229629625.jpgPARIS 1988: Le prof de yoga m'a accueilli dans une petite salle parisienne où un cinquantaine de d'apprentis-yogis étaient assis en posture de  méditation. Lorsque je pris place sur ma chaise de conférencier, au signe du prof, ils commencèrent à entamer de longs OM, à la manière indienne. Ma conférence portant sur le son, cela semblait approprié, mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir un sourd malaise. Surtout que le silence qui s'ensuivit s'éternisait, et que les yeux fermés de la plupart me faisait hésiter à prendre la parole. Le prof me fit signe de commencer, et je me lançais donc sur l'origine de l'histoire, expliquant que, selon la tradition védique, le mantra OM était en fait le beuglement de la Vache Primordiale. Je me souviendrais toujours de ceux qui ouvrirent des yeux surpris, de ceux qui se retenaient pour ne pas pouffer de rire tout en tentant de maintenir leur posture, sous le regard du prof, qui ne riait pas le moins du monde, lui... Il était clair que jusqu'alors, aucun d'eux ne s'était imaginé que faire du Yoga consistait à se retrouver dans la peau d'une vache, fusse-t-elle sacrée...

Cliquez ici pour en savoir plus sur le Yoga du son (Nada Yoga)

 

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lundi, 20 juillet 2009

"Only one note !!!"

COMMENT J'AI APPRIS QUE C'EST L'ÉCOUTE QUI COMMANDE TOUT LE RESTE

Pour accompagner la lecture, quelques minutes avec l'un des plus grands maîtres vivants de la flûte Bansuri

Hari Prasad Chaurasia


krishna.jpgCela faisait bien trois quarts d'heure que je soufflais dans cette tige de roseau, tentant d'obéir à la stricte consigne que Panditji m'avait donnée la veille: "Only one note !". Si, naïvement, cela m'avait tout d'abord paru plutôt simple - et parfaitement adapté aux extrêmes limites d'un débutant comme moi dans l'art de la flûte - je déchantais très vite, et cela pour deux raisons traîtreusement intriquées: d'une part je devais jouer cette même note depuis quatre heures du matin jusqu'au lever complet du soleil, et d'autre part, cette note unique se mit bientôt à me poser de sérieux problèmes de contrôle de ma respiration; le son s'appauvrissait, mon souffle devenait vain, et je sentais la sueur perler sous mes doigts, ce qui n'arrangeait rien. D'autant plus que je me surprenais parfois à passer dans un état de somnolence où j'oubliais même que j'étais en train de souffler, parfois traversé d'images oniriques fugaces, et de soudain frissons dans le dos. Bref, je m'endormais...  Il faut dire que cela faisait quelques jours seulement que j'avais quitté le dernier de ces dizaines d'autobus qui, depuis l'Europe, m'avait laissé sur le sol de l'Inde. Après mes diverses tribulations (l'Iran en pleine révolution, l'Afghanistan aux prémisses de la guerre), celle-ci me parut étonnamment paisible. J'avais échoué dans une petite école de musique dans laquelle je louais une chambre, sans savoir encore que j'y resterai plusieurs mois. J'étais d'autant plus épuisé que la vie de musicien que je venais de quitter en France me faisait plutôt me coucher à l'heure où Panditji me demandait de me lever. Enfin... plutôt de m'asseoir. Et plus précisément en tailleur, ce qui n'était guère dans mes habitudes non plus. Autant dire que je n'étais pas dans les meilleurs conditions pour plonger abruptement dans la voie de l'ascèse yogique, avec un roseau glissant de sueur entre les doigts... Pour échapper à l'état d'hypnose lourde dans lequel cette satanée note me conduisait, je décidais d'éveiller mes phalanges engourdies et pesantes comme de la pierre, et commençais à faire alterner ma note unique avec une seconde, puis une troisième note, tentant de trouver une petite mélodie qui me sortirait de cet ennui mortel. C'est alors que j'entendis des coups soudains dans la cloison qui me firent sursauter, et la voix de Panditji surgissant de la nuit; "Only one note !!! Only one note !!!". Sur un ton sans réplique. Il ne dormait que d'une oreille, le bougre de Master... Je revins aussitôt à ma position première, tout en profitant d'éprouver aussitôt les bienfaits hautement dynamique de l'obéissance instantanée: le son était redevenu plein, rond, riche, puissant... Comme quoi...

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krishna-1.jpgL'humilité a pour vertu de nous ouvrir à ce qui nous dépasse, étais-je en train de philosopher en coulisse... Mais les vertus de la philosophie légère peuvent vite s'alourdir quand elle prennent inconsidérément le devant de la scène, l'espace intérieur se transformant alors en ruche de pensées contradictoires et tournoyantes. Ainsi, la vertu bienfaisante du coup de gueule n'eut malheureusement qu'un temps. Autrement dit, j'avais à nouveau l'impression de souffler comme un phoque dans un tuyau plein d'huile (avec en plus la tête qui me tournait suite à l'hyper oxygénation). J'en étais à maudire le vieux maître et tous les flûtistes de la création - Krishna compris - lorsqu'il m'arriva cette chose tout à fait singulière, qui fut un tournant définitif de toute ma vie musicale: je m'endormis en jouant, et c'est le son de ma flûte qui me réveilla !!! Un micro-instant de sommeil - semblable à celui du conducteur nocturne - mais qui suffit ici à retourner toute la situation comme un gant: le son m'apparaissait maintenant avec un éclat et une profondeur nouvelle, mon souffle était devenu léger, puissant, ample, rebondissant. Une sorte de velours sonore, à la fois sombre et scintillant, entouré du bruissement subtil de l'air se brisant en harmoniques contre la fine paroi du roseau... C'est alors que la voix du vieux maître retentit à nouveau de derrière la cloison, avec un "Good ! Good !", qui m'arriva comme un baume.

Je pressentis que j'étais en train de franchir une étape décisive, accompagnée d'une prise de conscience définitive: ni mes doigts, ni mon souffle n'étaient en cause, c'est mon écoute qui avait permuté dans une dimension nouvelle, comme par mégarde. C'était en fait elle qui contrôlait le souffle, la pression des doigts, la couleur et la profondeur de ce velours qui sortait de ma flûte. Maintenant, la vibration semblait soudain jaillir directement du bout des doigts, le roseau dégageait une chaleur et une odeur doucement enivrante, les réverbérations sur les murs donnaient à la transparence de l'air une consistance quasi palpable. C'est ainsi que j'accompagnais, avec une énergie grandissante et un enthousiasme débordant, la levée de l'astre du jour. J'étais ivre d'être ce petit bonhomme en train de souffler dans son roseau sa "Only one note", à la fois tout petit - un simple souffle - mais en même temps Krishna lui-même, déployant l'univers de sa flûte cosmique. Bref: j'étais - enfin - en Inde...

Cliquez ici pour avoir quelques informations sur le Yoga du son (Nada Yoga)

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vendredi, 26 juin 2009

Stage d'été

LE CORPS SONORE
Stage d’été animé par Dominique BERTRAND
au château de La Brosse - 28 Juillet-1°Août 2009


2085889167_2.jpgLa qualité de nos relations au monde comme à nous-même dépend de notre capacité d’entrer en résonance, en transmuant d’un simple mouvement de conscience l’espace qui sépare en espace qui relie”.   - (Maharaj) -

- Les Maîtres du Son, D. Bertrand -             (à paraître)

 

------- Quatre entrées permettent de faire de ce thème un outil de travail:

- Écouter met en jeu ce mouvement intérieur spontané qui - apprivoisé - devient une porte  privilégiée pour entrer en résonance avec le monde comme avec nous-même. Les exercices proposés s’inscrivent dans la lignée du Nada Yoga (Yoga du son), forme de méditation fondée sur la “contemplation auditive”.

- La pratique vocale constitue un moyen à la fois simple et ludique pour expérimenter la permutation de la masse corporelle en structure vibrante. Les exercices proposés comprennent la pratique des Harmoniques vocales (chant diphonique), des Cordes Mères (jeu sur des groupes de trois notes, origine du chant grégorien) et de la gamme musicale (expérimentation des notions de mode et d’intervalle), ainsi que des plongées régulières dans l’aventure du Chant libre (improvisations collectives).

2086187095_1.jpg- La détente corporelle permet de lâcher les crispations psychiques et de redécouvrir les ressorts intimes de notre dynamique naturelle. Ainsi, analogue à la position idéale du chanteur avant de chanter, l’image du chat qui semble dormir devant le trou de souris associe de façon parfaite l’équilibre entre la détente et tension potentielle. La pratique proposée est la Kinésiophonie (où Dominique Bertrand sera assisté de Blandine Scelles), mode de relaxation qui se pratique en binôme, impliquant à la fois la détente corporelle et la production vocale.

2086141909_1.jpg- Chaque soir, la réflexion en groupe à partir des expériences de chacun permettra de prendre le recul nécessaire à l’évolution du travail. La réflexion sera mise en résonance avec de grands thèmes mythiques ou traditionnels mettant en jeu la question de l’écoute et des pouvoirs du son (Orphée, le Chamanisme, les murailles de Jéricho, etc...)

 

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- Programme quotidien -

2086180603_1.jpg2086177637_1.jpg- Après le petit déjeuner, le travail du matin débutera vers 10h dans la petite chapelle  et continuera dans la salle de travail jusqu’à 13h par une expérience de kinésiophonie, suivie d’un certain nombre d’exercices corporels et/ou vocaux.

- En fonction des aptitudes et expériences singulières de chaque participant, le travail sera plus individualisé l’après-midi (création de sous-groupes, binômes ou travail en solo), et orienté selon le désir ou projet personnel de chacun (les sous-groupes seront déterminés à la fin du repas de midi). Travail en salle, dans la chapelle ou dehors (le parc est immense). Le groupe se reformera en fin d’après-midi dans la salle de travail pour conclure avec un travail en commun.

- Il s’y retrouvera après le repas du soir pour un temps de réflexion, la journée se concluant dans la chapelle pour chanter avant d’aller se coucher. Son acoustique remarquable - associée à la légende affirmant que Jeanne d’Arc s’y serait arrêtée pour prier - en fait, de toute évidence, un lieu hautement favorable à l’écoute de la voix...

 

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2086149395_1.jpgDominique Bertrand - musicien et écrivain, responsable de la formation de musicothérapeutes depuis 1980 - animera le stage “Corps sonore”.

Blandine Scelles. Formée par Jacques Lecoq, explore le corps théatral et la voix du rituel dans la lignée de Grotowski,  assistera D.B. pour le travail corporel.

 

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L'arrivée des stagiaires est prévue mardi au matin du premier jour, avec une possibilité de venir la veille au soir (prévoir une nuit de plus dans les frais). La fin du stage sera le samedi 1° Août après le repas de midi.

eureetloir.gifTransports : le train met 1h20 de Paris Gare d’Austerlitz jusqu’à Bonneval (28). Nous pouvons organiser une navette pour rejoindre le site (10 km) si vous nous contactez suffisamment tôt pour organiser des arrivées groupées. En voiture, le lieu est à à 130 Km de Paris, 33 km au sud de Chartres, à 18 km à l’est de Chateaudun, à Orgères-en-Beauce.
- Horaires SNCF:
08h25 -  PARIS AUSTERLITZ
09h32 - 09h32> 09h40 via VOVES TER 60631 2e classe Transport de vélo Période bleue - Sans réservation Durée 01h38
09h40 - VOVES
10h03 - 10h03>  via BONNEVAL (Autocar 52731 2e classe   Sans réservation)

Plan d'Orgères en Beauce

2086158061_1.jpgTarifs : (par stagiaire)
- coût pédagogique : 250 €
- hébergement (4 nuits), nourriture, coût du lieu : 250 € en chambre double, 200 € en dortoir de 6 personnes, 130 € en tente (à apporter). Un acompte de 70 € valide l'inscription. Des commodités de paiement peuvent être envisagées, n’hésitez pas à le demander.

Aucune expérience vocale ou musicale préalable n’est nécessaire. Les “stages d’été” favorisant les rencontres les plus incongrues, un petit courriel de motivation (expériences, attentes, projet) devra accompagner votre demande d’inscription, qui permettra d’évaluer celle-ci afin de constituer un groupe cohérent. Les instruments de musique sont les bienvenus!

Pour les étudiants formés en musicothérapie, ce stage peut être validé comme post-formation.

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Contact : trouveurdor@wanadoo.fr (avec comme objet corps sonore) -  tel: 06 68 90 43 21 -

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lundi, 12 janvier 2009

MA ANANDA MOYI

 

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Toute la tradition indienne des nadas-yogins (pratiquants du Yoga du Son ou Yoga de la Résonance) se fonde sur la présence de certains êtres ayant réalisé l'expérience du silence intérieur, auprès desquels la perception subtile s'affine spontanément, et qui sont considérés comme une sorte de fontaine spirituelle auprès de laquelle les pélerins (Saddhous) viennent s'abreuver. Ma Ananda Moyi fut considérée comme telle par le Mahatma Gandhi (et Indira Gandhi lui rendit visite tout au long de sa vie). C'est à Mohan Puri Baba, Nada-Yogin de Rishikesh qui me l'a présentée comme "Celle qui condense tous les Nadas de l'univers ", que je dois de l'avoir rencontrée deux années avant sa mort. La plupart du temps, l'enseignement de ces êtres tient plus de la simple présence que d'élaborations intellectuelles; les disciples affirment que cette présence "effraient le mental" qui laisse place au silence, lieu la perception subtile d'où peut jaillir librement l'intuition naturelle.

Pour en savoir plus sur le Nada Yoga

L'implacable innocence

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MA ANANDA MOYI

Dans un petit village de l’actuel Bangladesh, juste avant le lever du soleil le 1er mai 1896, naquit une petite fille nommée Nirmala, l’Immaculée. Très tôt, ses parents réalisèrent que cette enfant n’était pas semblable aux autres. D’une beauté exceptionnelle, elle parlait d’elle-même à la troisième personne (« cette petite fille »), entrait soudainement dans des états d’extase spontanée, pouvait passer des jours sans nourriture, en silence, immobile. Bientôt inquiets de lui trouver un mari, ses parents ne pouvaient se douter qu’elle serait un jour considérée comme une incarnation de « Ma », la Mère divine, et que Gandhi viendrait s’incliner à ses pieds.

Sa vie fut semblable à celle des moines errants : aucun « point fixe » sur cette terre. Elle voyagea toute sa vie à travers l’Inde, suivant le fil d’un souffle invisible qu’elle nommait son « Kheyala », irradiant une joie parfois si bouleversante qu’on la nomma Ananda Moyi, « la Joie en Plénitude ». Beaucoup de ceux qui l’approchèrent, submergés par cette onde, abandonnèrent tout pour la suivre dans son imprévisible pérégrination. Des « ashrams » naquirent sur son passage, sa réputation grandit. Bientôt, elle devint une icône vivante, reconnue par les plus grands sages, générant autour d’elle ces miracles qui témoignent de la sainteté. Mais la « sainte » disait d’elle-même que cette petite fille était toujours la même, depuis toujours, et à jamais… Tout comme Tagore, la petite Nirmala fut bercée par les chants des troubadours Baûls errants à travers le Bengale. Totalement imprévisible, elle incarna cette innocence implacable, aussi radieuse que terrible, que l’Inde révère comme la fruition universelle : Mahashakti. Celle qui échappe au monde, mais à laquelle le monde n’échappe pas.

Visitez ce lien Anandamayi Ma Sings Kirtan et rendez-vous sur l'extrait audio Ma talking, laughing and singing solo »»

 

Bien que parfois abîmés et mal synchronisés, ces enregistrements rendent très bien l'ambiance de ces réunions dévotionnelles en Inde où, auprés d'un maître, les disciples et les gens du village ou du quartier se réunissent pour chanter. Le principe musical est celui de la reprise systèmatique, par le choeur, de la phrase lancée par le soliste. C'est ici Ma qui joue ce rôle, dont la voix voilée contraste avec la puissance du choeur des femmes qui lui répondent. Selon l'énergie du moment, ces chants répétitifs explorent tous les registres émotionnels, de la douceur à la vigueur martiale, en passant par toutes les nuances de la prière, de l'éloge, de la gratitude, etc. Comme on peut le deviner selon ces extraits, ce genre de rencontre chantées peut durer des heures, souvent jusque à la transe. Ils constituent le bain musical qui irrigue chaque soir l'Inde traditionnelle, et l'une des pratiques de base du Nada Yoga: ouvrir le souffle à son ampleur, plonger dans un rythme commun, lâcher la voix et le corps qui se met à osciller, entrer dans la résonance globale dont la présence du maître est l'axe - semblable à une antenne ultra-sensible - qui connecte le tout à l'univers entier.