14/10/2011

CONCERT-SPECTACLE AU MUSEE GUIMET


Mardi 8 novembre à 20h00 - Concert au Musée Guimet à Paris -

6, place d'Iéna 75116 Paris

participation 12 euros - RESERVATION : auditorium@guimet.fr ou 01 40 73 88 18).

- ETINCELLES D'EVEIL -

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1ère partie : Koan – Interrogations par Yoshi Oida

Dans la première partie de cette soirée, Yoshi Oida, présentera son spectacle Interrogations. Cette pièce humoristique met en scène un maître zen qui après plusieurs années d’enseignement décide de faire passer un test à son élève pour savoir s’il a atteint l’éveil. Le test en question consiste en une série de koan ou d’énigmes auxquels l’élève doit répondre… Né à Paris en 1934, Yoshi Oida débute sa formation théâtrale en 1946. Avant d’être l’acteur fétiche de Peter Brook que l’on connait, Yoshi Oida a été formé au théâtre japonais traditionnel et est aujourd’hui reconnu pour ses mises en scène. Il sera accompagné par Dominique Bertrand, musicien multi-instrumentiste ayant pricipalement travaillé pour le théâtre et le conte.

                                                        - Entracte -

ze400-dafb7.jpg2ème partie : « On zen 2011 » - Stomu Yamash’ta et les moines du temple zen de Daitoku-ji

Trois moines du Daitoku-ji, l’un des temples zen les plus prestigieux du Japon, accompagnés de Stomu Yamash’ta, déclameront des sutras en dokkyô. A la différence du shômyô mélismatique développé par les écoles Tendai et Shingon, mieux connu en Occident, la déclamation de sûtra du Dakitoku-ji est psalmodique et chantée sur une note tenue.
Le percussionniste Stomu Yamash’ta est aujourd’hui le seul musicien au monde à jouer sur des instruments en pierre sanukite. Après une longue retraite spirituelle, Stomu Yamash’ta a redonné vie à ces pierres jadis utilisées par les moines pour annoncer l’ouverture des cérémonies. Depuis maintenant une dizaine d’année, il accompagne, avec ses instruments, les moines dans leurs méditations.
Ce spectacle est organisé par le musée Guimet, le Daitoku-ji et la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa dans le cadre de l’événement Questions Zen, Kôan, étincelles d’éveil, du 8 au 12 novembre 2011 au musée Guimet.
Ce spectacle sera également présenté à la Ferme de Villefavard, dans le Limousin, le 11 novembre 2011.

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 Deux articles à propos des protagonistes de cette soirée :

Interrogations (conception Yoshi Oida)

A voir Absolument

Ce n’est pas une pièce classique, ni moderne ; ce n'est pas vraiment du théâtre ; et ce n'est absolument pas un spectacle.

C’est un moment de partage, un moment rare, léger et bienfaisant comme un souffle d’air...

  • Les mots de : Maître Zen,
  • Conception du spectacle : Yoshi Oida,
  • Musique : Dominique Bertrand.

a pratique du zen, le Maître pose certaines questions à son élève qui doit chercher une bonne réponse par la méditation. Avec Interrogations, toutes les questions sont comme un fil tendu entre le comédien et le public. Elles créent une connivence qui permet d’aller ensemble vers un moment de joie partagée, vers un théâtre vivant.

Voilà ce que dit la présentation de ce spectacle. Et c'est cela que nous avons vécu : connivence, joie partagée, vie.

Cette pièce est un bijou. Mieux, elle est tous les éclats d'un bijou. Chaque face sintille de son propre éclat : la simplicité de la mise en scène, la profondeur du propos, l'humour, et le son, sublime, merveilleux.
Une lumière qui pénétre notre âme,

Ils sont deux.
Yoshi Oida, qui tour à tour maître et disciple, nous interroge et s'interroge. Sa présence "ici et maintenant" tend ce fil entre lui et nous public. Il nous conduit avec lui dans ses interrogations sur la vie, questions sans réponses et contes zen. Nous sortons peut-être un peu plus sages qu'en entrant.

J'ai dit que la mise en scène est très simple. Comment ais-je pu dire cela ? L'eau, l'air, la vie, sont présents là sur scène au travers de la mise en son de Dieter Trüstedt qui crée tous les éléments, assis en tailleur devant nous.

Et s'ils sont 2 sur la scène, ils nous inclut tous, nous participons réellement à ces interrogations.

Je connaissais Yoshi Aida par un livre très intéressant dans lequel il parle de l'expérience d'acteur « l’acteur flottant ».
Si je montre la lune et que je joue bien, le public ne percevra plus mon existence.
 

- Article de Libération à propos du concert donné par S. Yamashta en nov. 2010 à l'église St Eustache :

Stomu Yamash’ta sauvé par le zen

Par ERIC DAHAN

De la philosophie au théâtre nô, de la cérémonie du thé à la musique, le cycle de conférences, films, initiations et concerts, organisé à Paris sous l’intitulé «Les sens du zen», est un événement. Par sa volonté d’embrasser toutes les dimensions de cette branche japonaise du bouddhisme, par le caractère institutionnel des lieux choisis - musées Guimet et du Quai-Branly, église Saint-Eustache, Maison de la culture du Japon à Paris -, par la participation des moines du temple Daitoku-ji de Kyôto qui sortent de leur pays pour la première fois et par celle du compositeur et percussionniste Stomu Yamash’ta.

S’il vécut à Paris entre 1970 et 1973, s’il présenta son spectacle The Man From the East au Festival d’Avignon et enregistra un live au Palais des Sports avec son groupe Go, Yamash’ta quitte désormais rarement Kyôto où il est né en 1947 et s’est réinstallé en 1978, comme il nous l’expliquait récemment : «J’ai besoin d’une vie silencieuse et solitaire, au cœur de la nature. Je ne me produis plus qu’en avril, au temple Daitoku-ji, et, à l’étranger, une à deux fois l’an, notamment à Bali où, durant trois semaines en été, j’enseigne et anime des ateliers.»

Gongs et tambours. Que Yamash’ta ait choisi de se rapprocher de Daitoku-ji n’est pas un hasard. Il a grandi dans le quartier dépendant de ce monastère et médité, enfant, au son des cloches, gongs et tambours rituels, dans le dôjô du temple avec son père. C’est ce dernier, professeur de musique, qui le mit au piano à 5 ans. Le jeune Yamash’ta préférant les percussions, il entame à 8 ans l’apprentissage de ces instruments avec lesquels il se distingue dans la fanfare du collège, puis l’orchestre symphonique du lycée. A 14 ans, c’est déjà un musicien professionnel, mais à 17 ans, il part se perfectionner dans les deux meilleures écoles possible : le Berklee College de Boston pour le jazz, et la Juilliard School de New York pour le classique.

Yamash’ta tourne avec le Chicago Chamber Orchestra, enregistre des disques de musique contemporaine et fréquente Henze et Takemitsu, premier compositeur à conjuguer musiques occidentale et traditionnelle japonaise, qui lui conseille de donner à ses compositions «une forte dimension picturale». Avec ses acteurs de kabuki, ses mimes et danseurs, The Man From the East du Red Buddha Theater, compagnie fondée par Yamash’ta, est un dialogue entre un vieil homme et une jeune fille, représentant «la nécessité de connaître la tradition comme de s’ouvrir à la modernité».

La musique de la pièce, publiée en disque, révèle le style envoûtant de Yamash’ta. Le méditatif Mandala, croisant flûte shakuhachi et chant de baleines, mais également le jazz-rock Poker Dice et le satien Wind Words gravés sur ses albums suivants, seront utilisés en 1975 sur la BO de L’homme qui venait d’ailleurs de Nicholas Roeg et contribueront puissamment à la poésie du film interprété par David Bowie.

Carillon imposant. Stomu Yamash’ta, qui a écrit ou participé comme percussionniste à une centaine de musiques pour le cinéma (dont les Diables de Ken Russell et Images de Robert Altman) vit alors à Londres où il compose pour le Royal Opera Ballet et son supergroupe Go, évoquant Pink Floyd et Utopia, et comprenant Stevie Winwood, Al Di Meola, Klaus Schulze et Michael Shrieve. Puis, «spirituellement vidé», il rentre à Kyôto pour étudier au temple Tôji. Après trois ans, il veut devenir moine mais son maître lui intime de reprendre son activité musicale. Ses disques seront désormais en phase avec «les fréquences de l’univers dévoilées par Confucius».

C’est au milieu des années 80 qu’il rencontre Hitoshi Maeda, homme d’affaires, également en retraite spirituelle. Celui-ci propose de lui construire un instrument permettant de jouer des pierres sanukite, des roches volcaniques d’environ 13 millions d’années à la résonance cristalline, utilisées depuis des siècles par les moines pour annoncer l’ouverture des cérémonies. C’est avec cet imposant carillon - doté de deux octaves, infragrave et suraigu - et un piano que Stomu Yamash’ta donnera, à l’église Saint-Eustache, à côté du Forum des Halles à Paris, la création mondiale de sa pièce The Void, le 9 novembre 2010. Le lendemain, il accompagnera les sûtras psalmodiés par les moines dans le Chant des pierres.

Il rentrera ensuite au Japon poursuivre la composition de Huit Eléments : «On n’a encore jamais mis en musique l’octuple sentier, essence de la philosophie zen. Je ne sais pas si je vivrai assez longtemps pour achever ce travail.»

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