jeudi, 21 août 2008
Les Voies de la Transe -2-
LES VOIES DE LA TRANSE - 2 -
L'Afrique est largement reconnue comme le jardin des rythmes, où viennent les esprits pour parler par la bouche des hommes " chevauchés ". Commençons à nous mettre dans l'ambiance avec de jeunes guerriers Massaï du Kenya faisant une démonstration de vitalité éclatante, sautant à la verticale tout produisant d'impressionants bourdons sonores graves et répétitifs pour pulser le tout. Un hymne à la puissance vitale explorant les limites de la verticalité et de la pesanteur, en faisant des rythmes et des voix entrelacées comme un trampoline sonore.
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Une ambiance de fête au Gabon avec un montage sur les danses des femmes du rituel Bwiti. Celui-ci s'accompagne de l'arc-en-bouche, instrument à note unique dont le musicien extrait les harmoniques en jouant avec ses lèvres (comme pour la guimbarde ou le chant diphonique de Mongolie). Cette musique - qui peut passer d'étapes très intimistes à d'autres très dynamiques - accompagne diverses étapes d'un rituel thérapeutique, dont la prise d'une boisson à base de l'écorce d'arbre Iboga, un hallucinogène aux effets reconnus comme extrêmement puissants.
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Les Gnaoua ou Gnawa du Maroc sont, en partie, des descendants d'anciens esclaves issus de populations d'origines d'Afrique Noire (Sénégal, Soudan, Ghana); Le terme Gnawa identifie spécifiquement des marocains et la grande notoriété internationale des Gnawa du Maroc a imposé le nom Gnawa à leurs homologues du Maghreb. Il furent amenés par les anciennes dynasties qui ont traversé l'histoire du Maroc et en partie celles de l'Algérie et de la Tunisie, en commençant par l'empire Almohade pour les travaux et les bâtiments des palais et le renforcement des armées (garde noire reprise par les dynasties marocaines suivantes). La constitution en confréries des gnaouas à travers le Maroc s'articule autour de maîtres musiciens et/ou de rituel (les mâallems), des joueurs d'instrument (quasi exclusivement les qraqech (ou qrâqeb) – sorte de crotales – et le Guembri, des voyantes, des médiums et des simples adeptes. Ils pratiquent ensemble un rite de possession syncrétique (appelé Lila au Maroc, Diwan en Algérie) et où se mêlent à la fois des apports africains et arabo-berbères islamisés pendant lequel des adeptes s'adonnent à la pratique des danses de possession et à la Transe. Le festival d'Essaouira au Maroc est un haut lieu de rassemblement annuel de ces confréries ou écoles.
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Les Derviches Tourneurs de Konya, en Turquie, commémorent la présence mystique de Jallaluddin Rumi, poète et mystique prodigieux qui introduisit la musique dans le rituel soufi du Sama ("Écoute"). La flûte Ney évoque la plainte de l'âme séparée de l'absolu, pendant que les voix rythment les différentes étapes de la danse sacrée. Le tournoiement du corps vise a déployer la conscience de l'axe corporel, prenant sa place dans le tournoiement cosmique des planètes.
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Extrait du film d'Arnaud Desjardins sur les soufis d'Afghanistan, où l'on voit un maître transmettre à ses disciples les techniques du Dikhr, répétition rythmique du nom d'Allah. Un document exceptionnel.
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Ce voyage s'arrête ici, sans vouloir rendre compte de toutes les formes de transes dans les diverses cultures de la planète, ce qui demanderait des dizaines d'extraits vidéos. D'une manière générale, on reconnaîtra partout - sous des formes diverses - la fonction du rythme répétitif comme introducteur à des états de conscience modifiés. En permettant de passer du temps linéaire habituel à un temps en va-et-vient, pulsatile, l'usage du rythme a la vertu d'orienter autrement les coordonnées psychiques en ouvrant sur des dimensions inouïes, dont l'initiation est à la fois la clé et le garde-fou.
05:12 Publié dans 05 Les Voies de la Transe -2- | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, transe, soufis, souffle, rythme, turquiesur





















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